• Le maquis de Saffré


Par l’ampleur du drame vécu par les Maquisards et leurs familles, par la place prise par les Résistants de la forêt de Saffré dans la lutte contre l’occupant nazi, et celle prise ensuite dans la mémoire collective, l’histoire de ce moment héroïque et tragique de la deuxième guerre mondiale est certainement l’événement majeur de l’histoire de Saffré à travers les siècles.

Depuis la fin de 1943, des parachutages d’armes étaient organisés depuis Londres par les Britanniques, en lien avec l’Armée secrète du général de Gaulle. Déjà auparavant deux Résistants Saffréens des villages proches de la forêt avaient été arrêtés et déportés dans un camp de concentration en Allemagne. En juin 44, alors que le débarquement en Normandie opposait les troupes alliées aux soldats de l’armée allemande, les Maquisards de la région ont été regroupés au lieu-dit la Maison rouge, sur la commune des Touches, canton de Nort-sur-Erdre. Mais il apparut rapidement qu’il fallait trouver un lieu plus vaste, homologué par la résistance, et qui permettrait d’attendre un parachutage d’armes, armes qui seraient ensuite réparties entre tous les groupes présents en forêt, en l’occurrence au moins dix-huit groupes de Maquisards, soit environ 300 hommes au moment de l’attaque allemande. Arrivés là dans la nuit du 16 au 17, les combattants de l’ombre ont été attaqués le 18 au matin, soit une dizaine de jours plus tard ; les armes tant attendues seront bien parachutées, mais hélas le lendemain, le 29 dans la soirée. Pourquoi ce retard ? D’abord à cause de la météo, les orages et le ciel bas ayant empêché pendant plusieurs jours les aviateurs anglais de venir survoler la région.

Attaqués par des soldats aguerris, cinq fois plus nombreux qu’eux, les Maquisards qui ne disposaient que de quelques dizaines d’armes, ont été logiquement vaincus. 13 tués sur place, 27 prisonniers fusillés dès le lendemain, 2 assassinés dans la prison de Nantes, près de 30 Maquisards ou patriotes qui les avaient soutenus dans la région tués ensuite, pour la plupart dans les sinistres camps de concentration allemands. La Résistance locale a payé très cher le prix de sa participation aux combats de la Libération ; les plus jeunes victimes n’avaient que 17 ans !

Aujourd’hui, en forêt de Saffré, au lieu-dit Le Pas-du-Houx, un monument grandiose rappelle ce terrible et glorieux évènement ; un peu à l’ouest du monument, le village martyr des Brées est conservé tel que les événements l’avaient laissé, bombardé et incendié. La visite du lieu est enrichie de panneaux explicatifs qui disent ce que fut la Résistance et qui présente chaque lieu du combat, notamment « la Bouée d’Ajoncs » où plusieurs jeunes combattants des Touches ont été tués, et le cimetière du Pas-du-Houx où les corps des treize premiers morts du maquis ont été ensevelis dès le lendemain.

C’est le 11 juin 1950 que le général de Gaulle est venu inaugurer le monument du Pas-du-Houx. Ce monument est aussi un tombeau, puisque les restes d’un jeune Maquisard identifié plusieurs années après la guerre y ont été inhumés avec l’accord de la famille et des associations de Maquisards. Chaque année depuis la fin de la guerre, une cérémonie officielle est organisée à la mémoire de ces combattants de l’ombre, également appelés les soldats sans uniforme, ces Maquisards, jeunes pour la plupart, et qui ont été si nombreux à payer de leur vie leur participation aux combats de la Libération.



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